La Paroisse des Trois Saints Docteurs
Histoire
de l’icône de la 
Très Sainte Mère de Dieu des Ibères
qui se trouve
dans 
l’église des Trois Saints Docteurs 
à Paris
Le Diocèse de Chersonèse
par le diacre Nicolas Nikichine
traduit du russe
Réjouis-toi, bienheureuse Gardienne,
Qui ouvres les portes de Paris
Aux fidèles.
 
        Il n’est pas facile de trouver cette église, bien que son adresse soit bien connue :
5 rue Pétel, Paris 75015 « Métro Vaugirard »
Surtout si l’on arrive de Russie. Où est la coupole ? Où sont les murs blancs ? Il faut connaître l’histoire complexe de l’émigration russe pour comprendre qu’il n’y a rien là qui puisse offusquer le sentiment religieux, mais que l’on ne pouvait, tout simplement, pas faire mieux. C’est qu’il a fallu tout recommencer du début, de zéro.
        Quand enfin on entre dans l’église des Trois Saints Docteurs on éprouve un tout autre sentiment : les icônes et les fresques vous prennent littéralement sous leur charme. En comparaison avec d’autres églises de l’émigration, on est frappé par l’harmonie de l’ensemble. Immédiatement saute aux yeux une grande Icône de la Mère de Dieu des Ibères (Iverskaïa). Ensuite on apprend que c’est la plus grande de toutes les icônes qui se trouvent dans les églises russes à l’étranger. A l’évidence, cette icône date d’avant la Révolution et est très vénérée ; il y a presque toujours des fleurs devant elle. En se familiarisant avec la paroisse, on comprend cette icône est en fait le trésor sacré de l’Eglise des Trois Saints Docteurs. Elle en est “le pilier et l’authentification”. (1 Tim 3-15)
        Nous allons raconter comment elle s’est retrouvée dans cette église, car cette histoire est édifiante mais peu connue.
Réjouis-toi, qui as sanctifié l’Athos par ta venue,
Réjouis-toi, qui a promis la grâce à ce lieu.


        La première icône sainte appelée « d’Ibérie » se trouve depuis la fin du Xe siècle dans le monastère des Ibères au mont Athos. Elle est placée à l’entrée du monastère, près des portes, à l’endroit fixé par la Mère de Dieu elle-même. C’est pourquoi cette sainte icône s’appelle “la Gardienne des portes”, ou en grec “Portaïtissa”. Depuis longtemps, cet endroit “près des portes” s’est transformé en église à cause de la Sainte icône.
        Sous le règne d’Alexis Mikhaïlovitch et du temps du Patriarche Nikon, le 13 octobre 1648, pour la première fois, une copie de cette icône miraculeuse du Mont Athos fut apportée à Moscou. Comme on chante dans l’acathiste :

« Le patriarche Nikon ayant entendu que l’icône de la Mère de Dieu protégeait mystérieusement
la communauté des Ibères, demanda sa grâce aussi pour la terre Russe. »
        Un peu plus tard, vers 1660, près des Portes de la Résurrection de Kitaï-Gorod, on construisît à l’entrée de la Place Rouge une chapelle en bois où l’on plaça une autre copie de l’icône des Ibères (Iverskaïa) que l’on appela « des Ibères de Moscou » (Moskovskaïa Iverskaïa). On ignore par qui et quand cette icône a été peinte. Le souvenir s’en est perdu car on pensait généralement qu’il s’agissait de la copie de 1648, envoyée de l’Athos.
        On sait que la copie du Mont Athos, avait les mêmes dimensions que l’« original » de l’Athos (la mère de toutes les « Ibériennes »), or l’icône exposée dans la chapelle était beaucoup plus grande1
        Chaque personne qui se rendait au Kremlin, sur la Place Rouge, commençait par  prier la “Bonne Mère des Ibères” (Iverskaïa Matouchka). La chapelle n’était jamais fermée. De nombreux arrivants à Moscou, avant toute chose allaient s’incliner devant la Très Sainte Mère de Dieu d’Ibérie pour lui demander son aide. Il y avait même une coutume chez les Moscovites, surtout quand ils recherchaient l’intercession de la Mère de Dieu, d’aller en pleine nuit, s’ils en avaient fait le vœu, prier la Vierge des Ibères trois, sept ou douze fois.
        Ainsi donc, à l’instar du mont Athos, Moscou eut sa « Gardienne », son invincible protectrice la Très Pure Mère de Dieu. Cette icône y devint l’une des objets sacrés les plus vénérés :
« Réjouis-toi, protection de la terre Russe, plus vaste que les nuages,
Réjouis-toi, pilier inébranlable de l’Eglise Orthodoxe. »
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